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GT "Inventer le Grand Paris" - Séminaire "Les paysages du Grand Paris" - 20 décembre 2018 - 9 h - 13 h 30 - ENSA Paris-Belleville (Paris)

Le 20 décembre 2018

Coordination scientifique : Frédéric Pousin et Nathalie Roseau

Cette première séance du séminaire 2018-2019 du Groupe transversal « Inventer le Grand Paris » propose de reconsidérer l’aménagement du Grand Paris en privilégiant l’entrée par le paysage. La question du paysage nécessite d’abord de s'intéresser aux professions, en comprenant en particulier la manière dont les paysagistes interviennent dans les plans à l'échelle régionale. L’héritage de la pensée d’Adolphe Alphand et Jean-Claude Nicolas Forestier a imprégné la politique des espaces libres du rapport Bonnier, de même que le plan Jaussely qui prévoyait la réalisation de pénétrantes vertes. L’affirmation de la question du paysage se réalise dans le PARP (1928-1939) mené par Henri Prost dont les échanges avec les milieux professionnels, au sein de l’agence et avec les paysagistes notamment au sein du Musée social, méritent d’être approfondis pour comprendre la place que prend le paysage dans l’élaboration du plan. Dans les villes nouvelles en Île de France pensées à partir des années 1960, de
nouvelles pratiques s’inventeront au gré des alliances interdisciplinaires formées par les paysagistes, les spécialistes de l’environnement et les géographes qui s’engagent dans la conception des « villes-nature ».

D’un point de vue épistémologique, il s’agit ensuite de considérer les notions de paysage, d’échelle, d’espace public et de nature comme des constructions historiques et sociales que nous souhaitons interroger dans les relations aux champs disciplinaires auxquels elles se rattachent. La question des échelles formulée dans les propositions du PARP est renouvelée par l’approche paysagère, qu’il s’agisse de la route des parcs qui s’inscrit de manière dynamique dans le relief et cherche à mettre en valeur les grandes masses boisées, des systèmes de parcs ou de la protection des sites, des panoramas et des paysages. Le Sdaurif de 1976 élabore quant à lui la problématique de l’espace ouvert, affirmant la dimension environnementale et posant la question de leur accessibilité métropolitaine. La perspective du paysage permet enfin de revenir sur les instruments de l’aménagement et en particulier sur la question du plan comme mode de représentation et comme processus de réalisation. Au sein de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Parisienne, l’architecte-urbaniste Gerald Hanning développe ainsi, dès 1972 un outil pour comprendre et contrôler l’évolution du paysage, la « trame foncière », élaborée à partir du parcellaire foncier.
Comment la question du grand paysage, par essence irréductible aux découpages administratifs des régions urbaines, se transcrit-elle dans les plans ? Quels nouveaux dispositifs apparaissent au travers des schémas ou des atlas ?


Les intervenants invités reviendront successivement sur la question du paysage dans le PARP des années 1930 et les nouveaux dispositifs imaginés (Laurent Hodebert) ; sur la lecture que l’on peut faire des paysages d’une ville nouvelle (Marne-la-Vallée), conçus et réalisés sur la durée (Julien Laborde) ; sur la figure du paysagiste Jacques Sgard qui introduisit au tournant des années 1960 la notion de grand paysage (Sonia Keravel) ; sur les atlas de paysages développés dans les années 1980 (Sandra Parvu) ; sur l’expérience du paysagiste dans les démarches de planification des années 1990 (Bertrand Follea).


Contacts :


Adresse : ENSA Paris-Belleville - salle 12 - 60 Bd de la Villette - 75019 Paris