Skip to main content

GT "Ville et énergie" - Colloque international "Les limites de la croissance de la Smart city : espaces et énergies des infrastructures numériques" - 5 et 6 juin 2019 (Marne-la-Vallée) / Appel à communication

From 17 December 2018 to 25 January 2019

Portées par la numérisation de l’économie, l’explosion des échanges de données, du cloud et des objets connectés, les infrastructures numériques seront l’un des plus importants postes de consommation électrique du XXIe siècle. Nouvelle étape de l’urbanisme des réseaux, la ville numérique a souvent été analysée en termes d’usages et de pratiques, de services et d’évènements, laissant au deuxième plan la matérialité et l’impact énergétique de ses infrastructures matérielles1. En 2008, les industriels et les ingénieurs de Cisco et IBM créent, au moment où la crise financière touchait les États-Unis, un produit infrastructurel global qui n’a depuis cessé de dominer la prospective économique et urbaine : la smart city. Les entreprises privées se sont rapprochées des opérateurs historiques de l’urbain pour s’affairer à rassembler, stocker, trier, analyser les données qui permettraient d’optimiser un modèle technologique hérité, et de contrer les crises – technique, idéologique, climatique et énergétique – qui le frappent. La fascination que suscitent cette urbanité numérique en devenir et son économie reste toutefois oublieuse de sa matérialité. Paradoxalement à l’imaginaire de dématérialisation inscrit dans la tradition de l’utopie cybernétique qui a fait de la smart city une sorte de territoire magique où les flux circulent sans physicalité, rien n’est plus consommateur d’espace et d’énergie que les technologies numériques. Rappelons que le secteur informatique (réseaux, matériels, centres de données) consommait 7% de l’électricité mondiale en 2013, 9% en France. Les prévisions les plus pessimistes atteignent pour 2030 un maximum de 51% pour le secteur informatique dans sa totalité2. Mais rien ne prouve que le numérique nous permettra d’économiser de l’énergie. La plupart des études sur ce domaine ne sont pas assez documentées ou sérieuses3. Dans une sorte de fuite en avant progressiste, la ville intelligente semble contenir le problème qu’elle prétend résoudre. Le principe d’accroissement exponentiel des données nécessaires à son fonctionnement a pour corollaire une augmentation des besoins en espace et en énergie.

L’emprise spatiale et énergétique des infrastructures numériques pose aujourd’hui deux questions. Comment spatialiser, évaluer et mesurer dans les territoires l’impact environnemental des choix techniques numériques au regard de la plus-value sociale attendue ? C’est ensuite l’implantation et l’architecture des infrastructures numériques, en particulier des centres de données ou data centers qui interpellent. Centralisées ou distribuées, marchandes ou collaboratives et citoyennes, quelles formes pour ces infrastructures matérielles et comment mieux les intégrer aux territoires urbains et ruraux ?

Au croisement de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme, de l’environnement et des technologies, dans un perspective critique, possibiliste et plurielle à la fois rétrospective et prospective, ce colloque ambitionne d’interroger les disciplines de l’aménagement (architecture, ville, territoire) transformées par la condition électrico-numérique. Mobilisant des corpus historique, théorique ou projectuel, trois axes seront privilégiés :

  1. Les récits de la smart city : histoires critiques
  2. Forme et échelle des data centers
  3. Prospective : de ville des Big Tech à la ville pair-à-pair

Organisation 

Le colloque aura lieu à L'École d'architecture de la ville et des territoires à Marne la Vallée – Université Paris. http://www.marnelavallee.archi.fr/

Langue 

La langue du colloque sera le français ou l'anglais au choix des participant.e.s. Une traduction en simultanée est prévue.

La présentation de la communication pourra donc être le francais. Mais les articles devront être remis en anglais (le 1er avril 2019) car l’ouvrage collectif sera en anglais.

Dates

  • Propositions attendues pour le 25 janvier 2019 (français ou anglais)
  • Notifications des propositions le 20 février 2019
  • Soumissions des articles le 1er avril 2019 (anglais)
  • Retour sur les articles le 1 mai 2019
  • Colloque 5 et 6 juin 2019 (français ou anglais)

Envoi des propositions

Les résumés (600 mots maximum) ainsi que 5 mots clés et une courte biographie doivent être envoyés en français et/ou en anglais avant le 25 janvier 2019 aux adresses ci-dessous :

Celles et ceux dont les résumés seront retenus, soumettront un article en anglais (8000 mots) le 1er avril 2019 qui sera examiné par le conseil scientifique pour une publication en anglais.